Jésus qui s’est laissé nourrir des Écritures de son peuple, il les a méditées. À travers elles, il est à l’écoute de la voix du Père. À l’écoute du monde aussi, avec l’humilité reçue du Père et sa confiance reçue.
Dieu à visage humain avance au pas des hommes, et en particulier au pas des pauvres. S’ouvre ainsi une semaine où la faiblesse est entourée d’infini respect.
Jeudi saint qui annonce la fin du Carême et l’entrée dans le mystère de Pâques.
Jésus institue ce soir-là, l’eucharistie. Il annonce que sa Présence demeure vivante dans le sacrement de son Corps et de son Sang. Ce soir-là, au cours de ce même repas, Jésus lave les pieds de ses disciples. Il s’agenouille devant chacun des douze, leur témoignant ainsi la tendresse qu’il a pour eux. Ce geste signifie que nous devons tous être serviteurs des autres.
Quand on est attentif à la manière de faire de Jésus, on découvre qu’il permet à chacun de reprendre confiance, de découvrir qu’il est aimé et qu’il a en lui une foi, une foi qui est un don de vie qui vient de Dieu. C’est cela le service qu’il rend comme envoyé du Père. Et il évangélisera jusqu’au bout en donnant sa vie sur la croix pour toute l’humanité.
La vie de Jésus n’était pas écrite d’avance. Saint Paul nous le rappelle : il s’est dépouillé prenant la condition de serviteur. Il est devenu semblable aux hommes et a été reconnu homme à son comportement, à sa liberté éprouvée.
Il a renoncé à la toute-puissance, à la violence. Dans l’évangile, au moment où on le crucifie, Jésus dit : "Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font". Ces paroles disent la totale liberté de Jésus face à sa mort. Sans révolte, il ne laisse pas prendre sa vie, il la donne « de lui-même ».
Librement, il accepte de renoncer à sa toute puissance. Par amour, il choisit de marcher jusqu’à la croix.
Comme en écho au vendredi Saint, le samedi saint s’éveille en silence.
Et dimanche où nous célébrons Pâques, qui marque le passage du Christ Jésus de la mort à la vie et la promesse que ceux qui ont été baptisés dans sa mort ressusciteront avec lui.
Jésus est le premier vivant, qui nous ouvre un "passage".
Croire en la résurrection de Jésus, c’est croire aussi à notre propre vie éternelle, sous une forme encore inconnue, mais en sachant que nous serons toujours nous-mêmes.
Et cette conviction revêt une importance vitale.
La résurrection du Christ ouvre une brèche dans nos enfermements et dans nos morts. D’ailleurs, par de "petites résurrections", nous sentons déjà, dans l’existence quotidienne, que Dieu nous sauve dès aujourd’hui.
Si Jésus seul a vécu pleinement la résurrection, comme témoignent l’Évangile et l’Église, il invite tous les hommes dans ce mouvement de vie éternelle.
Damienne Van Beek